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Les enfants grandissent, et mes besoins ? De la plainte à la demande
Dès 4-5 ans, les enfants sont un peu moins sollicitants, puis toujours moins. Il est possible que je ne me sois pas encore retrouvée, ré-écoutée.
Si mes besoins ne sont pas comblés et que je ne me sens pas bien, comment donner ce que je souhaite à mes enfants sans me vider ?
Ai-je un peu, assez de temps pour moi ? Est-ce que je prends soin de moi, de mon être intérieur, de mon corps, de mon intellect ? Ou la course travail-famille ne me laisse-t-elle plus aucune place ? En suis-je réellement satisfait·e ?
Comme le dit Hélène Bonhomme : « Quand maman va, tout va ! » (valable pour papa aussi).
De quoi ai-je besoin pour aller bien ?
C'est la première question à se poser.
Un moment seule le matin ? Voir une amie chaque semaine, chaque mois ? Aller marcher un moment pendant le week-end ? Lire trente minutes sans interruption ? Aller aux toilettes sans être sollicitée ? Avoir une heure pour trier mes photos ?
« Oui, ce serait l'idéal, mais c'est im-po-ssible ! », me direz-vous. C'est vrai, peut-être pas tout, tout de suite. Mais je peux déjà prendre l'habitude de :
- Respirer.
- Sentir mon besoin.
- Exprimer une demande claire et positive. Par exemple : « J'aurais besoin de deux heures pour moi samedi matin, pourrais-tu t'occuper des enfants ? » à son conjoint, ou à un·e ami·e si je suis parent solo.
- Aller jusqu'au bout, sans culpabilité, en me souvenant que si je vais bien, toute la famille va bien.
Transformer nos besoins en demandes
Nous, mamans, pouvons être très fortes en reproches divers et variés, en plaintes et complaintes cent pour cent justifiées par la charge mentale et la charge de travail que nous portons. L'idée est de transformer ces reproches en demandes claires et positives :
- Plutôt que « J'en peux plus de vos chaussures qui traînent ! » : « Rangez vos chaussures. »
- Plutôt que « Qui a encore laissé le tube de dentifrice ouvert ? » : « Comment pourrais-tu te souvenir de fermer le dentifrice ? »
- Plutôt que « Je me tape toujours la vaisselle et il y a des miettes partout… » : « Chéri, pourrais-tu t'occuper de ranger la table et la vaisselle ? » Et aux enfants dès 4-5 ans : leur demander de passer la balayette ou de nous aider à faire la vaisselle.
Impliquer les enfants
Leurs premiers gestes seront maladroits : oui, ils apprennent. Mais les bénéfices se manifestent vite, et ils sont multiples :
- Nos enfants s'équipent pour la vie grâce à ces petites tâches du quotidien. Ils apprennent à prendre soin de leur foyer.
- Nous passons un moment ensemble, où nous outillons nos petits.
- Le soulagement est de taille : on ne se sent plus seul·e à tout gérer.
- Progressivement, ils deviennent une source d'aide non négligeable.
- Le sentiment d'être une équipe qui prend soin de la maison grandit, à la place de l'impression d'être « la bonne » qui gère tout et en veut à tout le monde.
- Et surtout, à un autre niveau, je modélise un parent qui sait exprimer ses besoins et se faire aider, plutôt qu'un parent victime des autres qui se plaint.
Simple à comprendre, pas toujours simple à vivre
Ce sujet est aussi simple que complexe. Simple à comprendre, mais pas évident à mettre en œuvre, selon nos parcours, nos croyances, notre besoin de contrôle ou notre laisser-faire. Il nous appelle à écouter notre cœur, à dévoiler notre vulnérabilité, et surtout à être vrais. Il permet une prise de conscience familiale des besoins, un partage de la charge de travail, et la construction de notre nouvelle identité familiale, avec les apports de chacun.
Graduellement, mes besoins vont ré-émerger, être exprimés et pouvoir se conjuguer avec ceux de la famille. Dans une équipe, il est rare que tous les besoins puissent être remplis à cent pour cent. Le fait de les avoir exprimés permet de trouver des solutions créatives pour qu'un maximum de besoins soient satisfaits pour chacun.



