Jeune pousse verte qui sort d'une fissure

Blog · 5 min de lecture

Le changement, ça prend du temps

Souvent, nous voudrions que tout soit acquis tout de suite. Nous aimerions que nos enfants (ou notre conjoint) comprennent ce que nous leur expliquons, et que cela change du jour au lendemain. Ah, si seulement !

Mais le changement prend du temps. On répète souvent qu'il faut trois semaines pour installer une habitude. Les études qui ont suivi des personnes dans la durée donnent plutôt une fourchette allant de quelques semaines à plusieurs mois, selon l'habitude et la personne. Et cela vaut surtout lorsque l'apprentissage se fait dans la bienveillance.

Alors, quand nous expliquons une nouvelle tâche, une attente, un geste ou un réflexe à nos enfants, partons du principe que c'est le début du chemin.

Un exemple : se laver les mains

Avec un jeune enfant, soyons patients et bienveillants :

  1. Jour 1. « Je te montre comment faire et tu fais en même temps. »
  2. Jour 2. « On refait ensemble ? »
  3. Jour 3. « Tu te souviens comment on se savonne les mains ? Tu voudrais qu'on le fasse ensemble ? »
  4. Jour 4. « C'est toi qui me montres ? »

Et ainsi de suite, avec patience. Un chemin est parfois long, mais c'est un investissement : une fois acquis, c'est une nouvelle liberté pour l'adulte et pour l'enfant.

Le principal danger : le reproche

La psychologie connaît un phénomène appelé la contre-volonté, qui diffère de la résistance. Quand on reproche constamment quelque chose à quelqu'un, il finit par ne plus vouloir le faire, simplement par manque de liberté. La zone est devenue une zone minée.

Vous le savez peut-être : quand vous reprochez quelque chose à votre conjoint depuis des années sans aucun changement, voire avec une aggravation de la situation, c'est que la pression sur cette zone est telle que l'autre n'a plus l'espace de s'approprier son propre chemin.

Évitons le piège. Mieux vaut lâcher prise quand on sent qu'on s'énerve trop vite, plutôt que de miner une zone avant même qu'elle ait pu être explorée.

Pas de pression

Pensons à tout ce que nos enfants ont appris sans que nous l'ayons décidé. Ils ont appris à marcher, à parler, toute la motricité fine (et moins fine ;-), sans leçon. La plupart des choses viennent naturellement quand nous sommes des exemples enthousiastes.

La pression n'amène jamais la joie d'apprendre. Elle amène la peur et la soumission. L'inspiration, elle, éveille l'autre et l'entraîne dans ce qui nous habite.

Prenons l'exemple d'une maman dont l'aînée ne voulait rien savoir d'aller aux toilettes, malgré toutes les démonstrations. Au début, ses parents se sont crispés : sera-t-elle propre un jour ? Comment va-t-on faire ? Puis, après un ou deux conseils, ils lui ont lâché la grappe en se disant que cela viendrait bien un jour. Et un jour, depuis la salle de bains, la petite a crié : « Zai fé pipi o toalette ! » Quelle leçon de vie et de confiance !

Les exemples ne manquent pas : mettre ses chaussures, accrocher sa veste, débarrasser son assiette, se brosser les dents, et j'en passe.

Dans le couple aussi

On peut attendre que l'autre prenne conscience de son désordre, ou de notre besoin de passer plus de temps ensemble. À nous d'exprimer notre besoin et d'être inspirant·e dans le domaine souhaité, pour éveiller chez l'autre l'envie, plutôt que de le crisper par nos reproches.

Une maman a attendu des années que son mari prenne l'initiative de passer du temps à deux, jusqu'à ce qu'elle comprenne que, si elle en avait envie, elle avait le pouvoir de l'éveiller chez lui. Elle lui a alors proposé de se retrouver sur le canapé après le coucher des enfants, et elle a dû mettre son point dans sa poche quand il ne venait pas tout de suite. Petit à petit, ils ont pris cette habitude et leur couple s'est fortifié.

Elle a dû décider de générer ce qu'elle aurait voulu voir chez l'autre, et renoncer à ce que cela se fasse comme elle l'imaginait, pour se concentrer sur l'essentiel : se retrouver.

« Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde », dit la formule qu'on attribue à Gandhi.

Quand on est bloqué

Face à une situation qui se répète, prenons d'abord du recul et lâchons prise. Pas par abandon définitif : pour changer de regard, de posture, et trouver de la créativité. Car en forçant, nous indiquons à nos enfants que c'est ainsi qu'on résout les conflits. Je suis sûre que nous préférons tous une solution qui convient à chacun.

Soyons inspirants, positifs, enthousiastes, et ayons confiance : nos enfants apprendront tout ce dont ils auront besoin dans leur vie. Arrosons-les de patience et de bienveillance, ils fleuriront !

Feuille verte en gros plan

À lire aussi