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On aimerait que la vie soit linéaire
Pas facile d'accepter la vie avec ses cycles et ses vagues. Quand nous établissons quelque chose avec nos enfants, nous aimerions que ce soit fait, réglé pour toujours, acquis une bonne fois : « On s'est donné assez de mal… »
Seulement, l'humain n'est pas linéaire. Il suffit de regarder une courbe de croissance pour s'en apercevoir : le développement d'un enfant avance par à-coups.
Et si nous arrêtions de vouloir que ce soit linéaire ? Si nous apprenions à respirer avec la vie, avec les saisons de l'année, mais aussi avec les saisons de la vie ?
Des cycles partout
Chez moi, les cycles sont constants. J'ai des périodes de créativité et d'énergie, et des jours de déprime et de fatigue où je ne trouve plus d'inspiration. Des semaines où j'ai envie d'essayer plein de nouvelles recettes et de bricolages, et d'autres où je refais toujours la même chose.
Chez mes enfants aussi, j'observe des phases où ils répètent sans cesse les mêmes activités : puzzle, Kapla, dessins, cabanes. Puis des périodes plus motrices : vélo, trottinette, tissu aérien. Des périodes où reviennent les accidents de lit, et d'autres où il n'y en a plus du tout. Des périodes d'insouciance, et des périodes de soucis.
Pourtant, j'aimerais tellement que, quand tout va bien, cela dure toujours : « C'est bon là, on est bien, on ne change plus rien. » Comme un bon vent régulier en voile.

Le bonheur, c'est maintenant
On le sait, être parent d'un petit enfant est magnifique, mais tellement intense. Et si, au lieu d'avoir hâte que ce soit derrière nous, nous nous réjouissions que ce soit maintenant ? Cette saison ne reviendra pas, et nous regretterons bientôt « comme ils étaient choux » (j'adore écrire chou avec un x, je trouve que ça fait plus chou !).
Je me souviens de cette BD d'Isabelle Filliozat où de jeunes parents ont hâte que le bébé qui pleure soit à l'école, hâte qu'il soit grand quand il est à l'école, hâte qu'il quitte la maison quand il est un ado bruyant… et retrouvent finalement la maison bien vide une fois qu'il est parti.
La gratitude est un ingrédient clé du bonheur. Avec elle, nous pouvons être en haut ou en bas du cycle et voir pourtant ce qui est bon, maintenant, juste là, sous nos yeux. Je ne dis pas que c'est toujours facile. C'est une habitude à muscler, car la vie ne sera jamais linéaire.
Des phases, pas des échecs
Il y aura des phases plus longues et plus confortables dans nos vies de parents, mais jamais sans accrocs, sans défis, sans questionnements.
Apprenons donc à vivre ces cycles et ces vagues sans résistance. Apprenons à voir le bon dans les bas, qui peuvent être des phases de réflexion et de prise de conscience : ce que nous voulons amener dans notre famille, notre vision, nos valeurs.
Même si aujourd'hui il pleut, je sais qu'il fera beau demain, et que la graine plantée sera nourrie de l'eau d'aujourd'hui et du soleil de demain. Aucune phase n'est « bonne » ou « mauvaise ». Si nous voyons chaque phase comme une période nécessaire à la croissance, notre regard s'apaise.

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