Corde rose posée sur une eau verte

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Manipulation : ce que nos enfants apprennent de nos réactions

C'est un mot qu'on aime peu, un sujet qu'on n'ose guère aborder. Pourtant, dès que nous adoptons un comportement pour obtenir quelque chose ou satisfaire un besoin, nous sommes dans un rapport de manipulation.

Vous allez me répondre : « Tout le monde fait ça, non ? » Peut-être. Mais ce n'est pas une raison pour le faire, surtout si l'on sent que quelque chose est tordu en nous.

Quel rapport avec la parentalité ? Il est énorme, car ces comportements s'apprennent dès l'enfance.

Dans les deux sens

Quand nous, parents, nous soumettons aux comportements de nos enfants et qu'ils obtiennent ce qu'ils veulent grâce à cela, nous leur montrons un chemin qui agit sur nous. Nous nous laissons « manipuler ».

Dans l'autre sens, quand nous nous mettons en colère, les enfants obéissent en général par peur. Nous exerçons alors de la manipulation : nous adoptons un comportement pour obtenir ce que nous voulons.

Un exemple classique : un enfant fait une crise pour avoir un bonbon, on le lui achète pour qu'il se calme. L'enfant comprend que ce comportement amène une satisfaction. On peut dire non tout en accueillant ce qu'il vit, avec de l'humour, de l'imaginaire, du toucher, et surtout en gardant le lien. Ce sont des moyens d'apprendre à l'enfant à gérer sa frustration.

Autre exemple : un enfant ne veut pas débarrasser le lave-vaisselle ni mettre la table. Si je le gronde et que je fais à sa place, il apprend qu'il suffit de supporter un parent fâché cinq minutes pour éviter la corvée.

La relation se noue… et nos tripes aussi.

Les enfants ne cherchent pas à nous manipuler

Ils assimilent par expérience le système relationnel dans lequel ils évoluent, chaque fois qu'une de leurs actions, désirable ou non, apporte une forme de récompense. Les comportements « désirables » peuvent d'ailleurs aussi relever de la manipulation, quand on se transforme (adulte ou enfant) en « doux agneau » pour obtenir quelque chose.

Soyons attentifs aux rapports que nous voulons entretenir et enseigner à nos enfants. Ils s'imprègnent des milliers d'interactions qu'ils nous voient mener avec eux et avec les autres. Cela deviendra leur système, leur référence.

Pour rester intègres, il nous faudra parfois décevoir, gérer un conflit et l'assumer. Ce n'est pas toujours facile, je l'admets entièrement.

Et notre colère ?

Notre colère est légitime. Alors comment l'exprimer de manière convenable ?

Tout cela touche à la notion de responsabilité. Si je suis responsable de ce qui se passe en moi, je ne peux pas le faire porter à l'autre. Si mon enfant fait une crise, il ne devrait pas me faire faire quelque chose que je n'approuve pas. Ma réaction est ma responsabilité.

Par où commencer

1. Reconnaître en moi que certains rapports sont, ou ont été, biaisés. Probablement parce que je les ai vécus enfant.

2. En parler en famille (dès 5-6 ans). Dire qu'à partir de maintenant, on n'obtiendra plus certaines choses par tel comportement. On peut en dresser la liste. On peut redire que chacun a le droit d'être en colère, et tout ce qu'on peut faire alors : taper dans un coussin, courir sur le balcon ou dans la cour, hurler dans la salle de bains, chiffonner du papier, jeter des peluches, gribouiller, écrire, dessiner… Et ce qui est interdit : taper quelqu'un, insulter, casser des choses.

3. Décider, nous aussi, comment gérer notre colère la prochaine fois. J'ai beaucoup aimé une vidéo qui disait : « Si, au moment où tu es en colère contre ton enfant, on te donnait un million pour que tu arrêtes de crier, tu en serais certainement capable, non ? Et ton enfant vaut beaucoup plus que cela. » Nous sommes donc capables de nous maîtriser, et surtout de donner l'exemple : « Je vais ME calmer dans ma chambre, sur le balcon, quelques minutes. »

Une compétence à transmettre

C'est peut-être l'une des plus belles compétences à enseigner à nos enfants : être responsable de ses émotions, ne pas faire « payer » l'autre pour ce que l'on ressent. Avoir des relations saines et sereines, sans nœuds.

Corde nouée

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